← bleau.today

Comment fonctionne le score

Personne ne publie de mesures d'adhérence sur le rocher, donc ce score ne peut pas être vérifié sur le terrain. Il traduit ce que les habitués de Bleau savent déjà, et le calcule toutes les heures pour toute la forêt. Toutes les constantes sont publiées à l'adresse /api/v1/meta/model, pour qu'on puisse les discuter au lieu de les croire sur parole.

1Un seul score, pour toute la forêt

La première question, c'est de savoir si le déplacement vaut le coup, depuis Paris à une heure de route ou depuis la Belgique à six. Le score principal est donc un seul chiffre pour Fontainebleau dans son ensemble : à peu près ce que donnera un spot bien choisi, puisqu'on choisit où aller une fois sur place. Ce n'est pas la moyenne, qui sous-estimerait les journées qu'on peut organiser, ni le meilleur bloc, qui laisserait une mesure isolée parler pour toute la forêt.

2Cinq massifs, un score

Sous ce chiffre, il y a les cinq coins que les grimpeurs nomment vraiment : Fontainebleau, Bois le Roi, Milly, Nemours et Buthiers. Chacun est évalué deux fois, pour ses blocs dégagés et pour ses blocs en sous-bois. C'est la pluie qui justifie ce découpage : une averse peut tremper Milly et épargner Nemours, alors que la température, l'humidité et le vent changent à peine d'un bout à l'autre de la forêt. Le choix du bloc se fait sur place, donc l'appli n'en nomme aucun.

3La température du rocher, pas celle de l'air

Le soleil n'est pas noté en tant que tel. Il agit à travers la température de la face, et c'est elle qui pilote tout le reste. Une face sud sous le soleil bas d'hiver peut prendre 8 °C de plus que l'air, alors qu'une face nord reste à la température de l'air, et le grès réagit aux deux avec quelques heures de retard. Froid et ensoleillé donne un bon score, chaud et ensoleillé un mauvais, et les deux sortent de la même équation.

4Deux couches d'humidité

Un seul chiffre d'humidité ne suffit pas à décrire la situation qui casse les prises : une surface séchée par le vent sur un cœur encore trempé. Le rocher a l'air grimpable, et il ne l'est pas. Le modèle suit donc une couche de surface rapide, qui dit si les prises sont grasses, et un cœur lent, qui dit si l'on peut grimper sans danger. Le séchage ralentit à mesure que le rocher sèche, c'est pour ça qu'une vraie grosse pluie demande un jour ou plus.

5L'adhérence

Quatre choses décident si la peau accroche : la fraîcheur du rocher, son écart avec le point de rosée, la sécheresse de l'air et le vent qui l'atteint. Plus il fait froid, meilleure est l'adhérence, même en dessous de zéro, et c'est pour ça qu'on garde ses projets durs pour les jours de gel. Ce que coûte une journée glaciale, c'est le confort, et il est noté à part. La chaleur est l'exception : au-delà d'environ 26 °C, elle fait chuter toute l'adhérence, parce qu'une journée caniculaire peut être lumineuse, sèche et ventée et la peau transpire quand même. Le vent compte plus qu'on ne croit. Il chasse la couche d'air humide collée aux prises, et c'est pour ça qu'une journée humide et ventée peut mieux passer qu'une journée sèche sans un souffle.

6Le confort, noté à part

À −6 °C, le rocher est superbe et les doigts ne répondent plus. Le confort a son propre score, avec un petit poids, pour que les journées rudes perdent quelques points sans faire croire que l'adhérence est mauvaise.

7Le rocher mouillé bloque, il ne pénalise pas

Le grès mouillé de Bleau casse, et une prise cassée ne repousse pas. L'humidité n'est donc pas un critère parmi d'autres : au-delà d'un seuil, le terrain est déclaré dangereux et n'a pas de score du tout. Ni une température parfaite ni un vent idéal ne peuvent compenser.

8Des séances, pas des instants

Les scores horaires sont regroupés en séances qui sont bonnes en elles-mêmes et proches du meilleur de la journée, puis limitées à la lumière du jour. Le lever et le coucher du soleil sont les vrais : une journée de décembre finit à 16:56 et une de juin à 21:54, et cette différence change tout. C'est pour ça que vous voyez 08:00–10:30 plutôt qu'un seul chiffre pour la journée.

9La journée, en une phrase

Le verdict lit toute la journée : quand la bonne séance commence, quand elle s'arrête, et ce qui l'arrête, la pluie, la chaleur ou la nuit. Son qualificatif vient des heures qui valent le déplacement, donc une bonne matinée suivie de pluie reste une bonne matinée. Une seule heure exceptionnelle dans une journée médiocre, c'est un créneau, pas une bonne journée. Quand les blocs en sous-bois passent nettement mieux que les blocs dégagés, ou l'inverse, le verdict le dit.

Chaque métrique

Score
Ce que devrait donner le rocher en ce moment, de 0 à 100. L'adhérence fait l'essentiel, le confort ajuste, et l'humidité de surface fait baisser le tout.
Notation
Le même score, par paliers de demi-étoile, pour une lecture plus rapide.
Friction
À quel point la peau devrait accrocher. Dépend de la température du rocher, de son écart avec le point de rosée, de la sécheresse de l'air et du vent.
Confort
À quel point il est agréable d'être dehors. Séparé de la friction pour qu'une journée à −6 °C ne soit pas notée comme parfaite : la roche est superbe, pas vos doigts.
Sécheresse
À quel point la surface du rocher est sèche. Elle multiplie le score au lieu de s'y ajouter : c'est un rocher sec qui permet aux autres facteurs de compter.
Temp. roche(°C)
Température estimée de la face, pas de l'air. Le soleil la chauffe bien au-dessus de l'air, une nuit claire la refroidit en dessous, et le grès suit les deux avec quelques heures de retard. Plus c'est froid, mieux ça colle, sans limite basse : 10–20 °C c'est bien, 0–10 °C c'est excellent si l'air est sec, et sous zéro ce sont les températures de croix. Au-dessus de 30 °C, plus rien ne passe.
Point de rosée(°C)
La température à partir de laquelle l'humidité commence à se condenser hors de l'air.
Écart au point de rosée(°C)
Température du rocher moins point de rosée. Un meilleur indicateur que l'humidité relative. Au-dessus de 5 °C les prises sont sèches ; à zéro ou en dessous le rocher condense et rien ne le rattrape.
Sécheresse de l'air(kPa)
Déficit de pression de vapeur : combien d'eau l'air peut encore absorber. Plus c'est haut, plus l'air sèche le rocher.
Vent effectif(km/h)
Le vent qui arrive vraiment sur le rocher, après les arbres et l'exposition du coin. Il chasse la couche d'air humide collée aux prises, d'où les journées humides et ventées qui passent mieux que des journées sèches sans un souffle.
Humidité de surface
À quel point la peau extérieure de la roche est humide, de 0 (sec) à 1 (saturé). Réagit en quelques heures et détermine à quel point les prises sont glissantes.
Humidité du cœur
À quel point la roche est humide à l'intérieur, de 0 (sec) à 1 (saturé). Réagit sur plusieurs jours. C'est le chiffre de sécurité : le grès humide casse même quand la surface paraît sèche.
Confiance
À quel point faire confiance à cette prévision. Diminue avec l'éloignement dans le temps et quand les modèles météo se contredisent.
Orientation
La direction vers laquelle sont orientés les blocs principaux. Détermine la quantité de soleil reçue par la roche, et donc sa vitesse de séchage et sa température.
Couvert forestier
0 pour un platier dégagé, 1 pour une forêt dense. Les arbres arrêtent un peu de pluie mais aussi le vent et le soleil, donc le sous-bois reste humide bien plus longtemps.
Exposition au vent
0 est un creux abrité, 1 une crête exposée. Détermine la quantité de vent qui atteint la roche.
Drainage
0 sèche tout de suite, 1 reste humide des jours. Un terrain mal drainé garde de l'eau dans le rocher bien après la fin de la pluie.

À propos de la roche humide

Le grès de Bleau est fragile quand il est humide. Grimper dessus casse les prises pour de bon, et la surface peut sembler sèche alors que le rocher est encore trempé en dessous. Quand l'appli dit qu'un coin est trop mouillé, ce n'est pas un avis sur votre séance : c'est pour ne pas abîmer le bloc pour tous ceux qui passeront après vous.